L'Irréalité

vendredi 12 mars 2032

Thématique : Des applications pour découvrir la ville

par Anne-Caroline Paucot

Promenons-nous dans nos villes

Depuis un an, les habitants de Montpellier doivent au minimum une fois par mois effectuer une promenade-découverte de leur ville. Mélanie Baroutin dresse le bilan de Promenoire.


Mélanie Baroutin, vous êtes adjointe au maire en charge des coopérations interhumaines, quel bilan tirez-vous de l’opération Promenoire ?


Extrêmement positif. Nous avons imaginé Promenoire, pour lutter contre la sédentarité. Les habitants travaillent, se distraient, échangent, en restant collés à leurs écrans. De ce fait, ils ne connaissent plus leur environnement immédiat et a fortiori leur ville. En prime quand ils se déplacent, ils se laissent guider par leurs appareils et perdent le sens de l’orientation. On a pu le constater lors de la grande panne du satellite de géolocalisation. Des milliers de personnes n’ont pas pu rentrer chez eux. Avec Promemoire, ils ont repris goût à la marche urbaine


A quoi attribuez-vous le succès des Promenoires ?


Tout d’abord à la diversité des promenades proposées. Il y a en a pour tous les goûts. Si j’aime les vins, je peux choisir une promenade qui me permettra de rencontrer des amoureux du même cru ou me rendre dans les meilleures caves. Si j’ai envie d’apprendre le chinois, je pourrais aller à la rencontre d’asiatiques ou participer à un groupe qui utilise cette langue pour se promener dans un quartier.


Quels types de Promenoires ont le plus de succès ?


Les promenades people. Les groupes vont dans des lieux fréquentés par une star. Ensuite, les shoppings. Des chaînes de magasins baladent des clients dans leurs boutiques. Des consommateurs éclairés font découvrir des boutiques cachées. Les parcours gourmands sont aussi très appréciés.


D’autres raisons de succès ?


La variété des outils. Quand vous choisissez une promenade, vous pouvez enfiler des lunettes augmentées et avoir accès à des contenus multimédia, mais aussi vous laisser guider par une voix ou suivre des indications lumineuses.

Egalement, la qualité des contenus proposés. Pour être labellisés, les promenoires doivent proposer un contenu géolocalisé riche. Les bulles de promotion pour un produit ou un service sont interdites.

Les histoires d’un sans réalité fixe

Pierrot vit dans la rue et la raconte. Il parle de ses bons plans, de lieux insolites et aussi de ses galères. A la fin, il ne manque jamais l’occasion de glisser un « A vot’e bon cœur, sieurs et dames ». Depuis deux ans, la gouaille de Pierrot a rendu généreux des milliers d’habitants de la ville et des touristes. Pierrot a décidé d’investir sa fortune dans la création d’un centre de vie pour tous ceux qui, comme lui, sont ce qu’il appelle des SRF ou Sans Réalité Fixe.

A qui se perd, gagne

La municipalité vient d’installer 30 perdeurs permettant de jouer à « qui se perd, gagne » en inattendus, étonnements, imagination… Sur une zone de départ identifiée par un rond jaune et vert, vous frappez trois coups sur le sol et des flèches lumineuses vous guident. Alors que vos semelles battent le pavé au rythme de la technologie, des capteurs sentent que vous ne connaissez plus les lieux. Les flèches disparaissent. A vous maintenant de retrouver votre chemin !

La gratuité se paye

Pour découvrir une ville, vous avez le choix. Vous pouvez l’appréhender de manière historique, partir sur les pas d’acteurs de cinéma ou d’un personnage célèbre ou d’un inconnu. Contre rétribution, il vous emmènera dans ses magasins, ses bistrots favoris, vous dinerez chez lui, rencontrerez ses amis…


Si vous ne désirez pas débourser un centime, vous pouvez choisir les parcours des marques. Mais attention, si elles n’ont pas le droit d’envahir votre champ de vision avec des publicités virtuelles, elles conduisent systématiquement les promeneurs dans leurs restaurants ou leurs boutiques. Et là pas question de ne pas faire un geste de remerciement. Le cadeau se paye !

Le succès de Tutem

TUTEM (Trouver Un Travail En Marchant) fait de nombreux heureux. Disponible pour la seule ville de Paris, l’application a déjà permis à presque 10 000 personnes de trouver une mission.


« Je marche tranquillement et tout d’un coup un bip m’indique qu’il y a dans mon environnement proche un employeur qui cherche quelqu’un ayant mes compétences. J’enfile mes lunettes et je scrute l’horizon. Des bulles s’affichent sur un immeuble, une voiture, un individu. Je me laisse guider par les informations et entre en contact avec cette personne. », explique Baptiste. Ce jeune financier est aux anges. Avant il restait coller à son ordinateur pour trouver un emploi, maintenant il se promène et souvent aussi court : « Je suis coureur de marathon. C’est lors des courses que j’ai trouvé le plus grand nombre de missions. Les employeurs me font plus facilement confiance car nous partageons la même passion », ajoute Baptiste.

Tout le dossier Réalité Augmentée sur inriality.fr